Mon Dieu

Mon Dieu
Qu’ai-je fait pour mériter tant d’absence
Et de haine ?

Où séjournait-il ce corps que je nommais mien ?

Vers quel lieu commun de la souffrance
N’ai-je pas pu résister ?

Et quel pardon implorant ma mort
Voulais-tu que je donne ?

Ô comme le vent qui parcoure les vignes ce matin est d’une terreur lente et infinie
Ô comme les parfums et les regards ne ressemblent plus aux siens
Et vident l’avenir de toute espérance
Ô comme je souffre et je sais
Que je n’aimerai jamais plus !

Lou Petit Ausèth, Bebleheim, Elsäss, 1/12/18, 8h23

Je saurai te manquer

Je saurai te manquer
Pour que tombe
La nuit de tes yeux
Dans le tourment des aubes

Je saurai te manquer et oublier ton nom
Sur les montagnes de la terre
Pour redevenir un enfant
Entre des bras

Je saurai te manquer et éteindre ma vie
Sur tes paysages
À feu et à sang
De mon absence

Je saurai te manquer dans les affres 
de tes forêts sans sommeil
Et le silence accompli du cœur

Je saurai te manquer
Pour que naisse l’aurore d’un matin
Sur le chemin de ta maison
Et qu’au seuil de cet Amour
Qui fut le nôtre,
Tu m’attendes encore…

 

Lou Petìt Ausèth Jura   17/12/18 12h29

 

 

Je t’attendais…

Tu ne me le diras jamais
parce que l’ombre était
en ruine sur les paysages
et que la neige bientôt,
allait recouvrir nos visages

Tu ne me le diras jamais
parce qu’il aurait fallu
qu’elle ne soit pas
et dans cette misère
tremblante,
comme la fin du soir
vient tout proche du cœur,
je t’attendais.

 

Lou Petìt Ausèth  Parc National des Ecrins

 

La Pluie

Je serai pour le présent
une aube endormie
que l’avenir espère
afin de renaître de ses cendres

Je serai le chemin
qui demeure derrière les pas d’un rêveur
et la Vie toujours
plus grande au-delà de l’Adieu

Je serai à défaut d’être
puisqu’à présent
il faut se taire
et que tombe la Pluie.

Lou Petìt Ausèth   Vèsèle (Vizille en arpitan)

 

Le temps qui passe…

Te souviens-tu de ces journées
levées avant l’aurore,
De ces jours où nous mâchions les maux du monde 
parce que la Parole n’avait pas de poids sur nous 

Te souviens-tu de ces soirs où la nuit hésitait à tomber (sur nous) ?
nous étions jeunes, 
à la fenêtre d’un temps 
et d’une vie qui ne devait pas passer.

Te souviens-tu de nos vies et de nos pas absents 
qui nous portaient déjà aux abords de qui nous serions devenues ?

Au creux de ces routes qui défilent comme les années, 
nous avons, plusieurs fois, construit et déconstruit 
un avenir qui nous semblait ne jamais s’accomplir.

Et nos erreurs et nos larmes,
et ceux qui nous accompagnèrent précèdent un peu les mots ce matin, 
mais il est trop tôt, trop tôt pour appeler leurs souvenirs à nos mémoires

[ils sont, le temps qui passe…] 

Lou Petìt Ausèth   Pin-Balma

 

Où voyais-tu nos vies Mon Amour ?

Où voyais-tu nos vies Mon Amour,
Sur quel sommet
Et sur quelle mer,
auprès de quelle grande amarre ?

Où voyais-tu nos rêves Mon Amour,
Dans quel songe
Et dans quel parfum de pluie
Devaient-ils s’éveiller à la Vie ?

Où voyais-tu grandir notre adolescence
Si ce n’était que dans l’existence des autres
Qui aujourd’hui te perd à jamais
Parce que tu n’as plus su être libre
Parce que l’Enfant est venu au terme d’un autre que lui-même

Où verras-tu nos Vies Mon Amour,
Demain,
Lorsque tu auras recouvré
Ton innocence
Et bravé les interdits des autres ?

Où seras-tu
LIBRE
enfin ?

Saint-Pierre-la-Mer, Occitanie | Lou Petìt Ausèth